SNCF : la Région lui colle au train

SNCF : la Région lui colle au train

Publié le vendredi 29 juin 2012 à 11H00 –

Claude Gewerc souhaite que le train « ne soit pas seulement pour le travail et vers Paris ».

Claude Gewerc souhaite que le train « ne soit pas seulement pour le travail et vers Paris ».

AISNE. Des progrès, mais la SNCF doit mieux faire. Le conseil régional, qui finance fortement le rail, entend en avoir pour son argent car le train, il y croit dur comme fer.

 

«IL y a eu une amélioration forte mais qui n’est ni perçue, ni vécue ainsi », résume Claude Gewerc, président du conseil régional, pour dresser l’état des lieux des difficultés rencontrées en Picardie par la SNCF.
Face à la grogne de nombreux usagers confrontés aux changements d’horaires induits par le cadencement et la capacité insuffisante de certains trains, le tout amplifié par des conditions météo déplorables, la région avait tapé du poing sur la table en menaçant de ne pas honorer sa part de financement. Une situation de blocage qui a cependant évolué positivement avec l’arrivée de Jean-Aimé Mougenot, le nouveau directeur régional de la SNCF. Pourtant, si Claude Gewerc reconnaît « des efforts », son verdict est sans appel : « Il reste des choses préoccupantes qui ne sont pas réglées. » Et ce ne sont pas les Picards qui se rendent quotidiennement à Paris qui le démentiront. Entre la SNCF et la Région, le différend ne date pas d’hier. Pour les élus picards, le compte n’y est pas.

Excédé de payer

« Depuis Charlers Baur, la Picardie est au rendez-vous », martèle Claude Gewerc, excédé de toujours devoir tout payer : les contrôleurs dans les TER, l’aménagement de gares « qui ne nous appartiennent pas », l’achat de matériel et notamment dix-sept rames commandées en 2008 et qui commenceront à être livrées l’an prochain. La Picardie a même décidé de supprimer les 1re classe dans les TER à partir du 1er septembre. Avantage de l’opération, il y aura un gain de place de 10 %, ce que les usagers des trains bondés devraient apprécier. La contrepartie est une perte financière de 600 000 euros. Dans le même temps, le président du conseil régional et Daniel Beurdely, vice-président chargé des transports, se retiennent pour ne pas hurler à l’incompétence : « Des traverses qu’on a oublié de changer sur la ligne Laon-Hirson, de nouveaux moyens de communication mais une communication toujours aussi mauvaise, des équipements aux passages à niveau qui ont été installés mais qui ne fonctionnent pas »… Alors évidemment, l’ouverture prochaine de négociations en vue d’un nouveau contrat SNCF-Picardie constitue un sacré enjeu : « Il faudra être encore plus exigeant avec la qualité du service. »
De nouvelles ressources

« C’est une demande nationale. Nous ne pourrons pas continuer à moderniser si nous n’avons pas de nouveaux moyens », assure Claude Gewerc toujours en première ligne dans le bras de fer entre les régions et la SNCF. Il faut dire que la Picardie, avec 118 euros annuels par habitants, est la première région de France en terme d’investissement transports. Et de laisser entendre (après avoir rappelé que l’Île de France était la seule à bénéficier de la taxe transports) que, comme d’autres, la Picardie pourrait se voir contrainte de réduire, voire d’annuler ses commandes si l’Etat n’améliorait pas ses ressources. Pourtant le conseil régional parie sur le train. « Ma volonté, c’est que le transport ferroviaire se développe encore plus », indique Claude Gewerc, qui pendant 17 ans a pris le train entre Clermont et Paris. Mais, si le conseil régional incite les Picards à prendre encore plus le train, il souhaite que « ce ne soit pas seulement pour le travail et vers Paris ».
Aujourd’hui, en session, deux initiatives picardes seront évoquées. Sera ainsi présenté le Pass’évasion. Une carte vendue 30 euros qui intégrera la quasi-totalité des produits actuels et qui permettra à son détenteur et à trois accompagnateurs de bénéficier toute l’année de réduction sur les TER. La Région s’intéresse aussi aux lignes les moins fréquentées et va recruter 150 volontaires qui ne prennent pas le train actuellement « afin de comprendre leurs motivations et leurs freins ». Durant un mois, les personnes retenues prendront le train gratuitement, puis elles seront suivies durant un an pour savoir si elles continuent à utiliser le rail ou, au contraire, pourquoi elles n’ont pas été séduites.
Jean-Michel ROUSTAND

 

 

 

http://www.lunion.presse.fr/article/aisne/sncf-la-region-lui-colle-au-train

Publicités

Vous aussi, exprimez vous!

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s