Le Parisien du 15/10/12 – Surcharge des trains : la galère continue

Plus d’un mois après la suppression de la 1re classe dans les trains régionaux, les voyageurs qui circulent en heure de pointe peinent à voir la différence.

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ENTRE PARIS ET ORRY-LA-VILLE, JEUDI. Dans le train de 17h49 à destination de Compiègne, de nombreux usagers sont encore assis dans les escaliers, faute de sièges.

Assis confortablement dans son fauteuil rouge d’ex-1re classe, Pierre regarde le paysage. Il est près de 18h15, jeudi, à bord du train Paris-Compiègne, parti de la gare du Nord à 17h49. Cette fois-ci, Pierre, qui emprunte chaque jour la ligne entre Villers-Saint-Paul et Paris, fait partie des chanceux. En apparence. « Si j’ai réussi à avoir une place assise, en 1re en plus, c’est parce que j’arrive systématiquement vingt minutes avant le départ des trains. Sinon après, c’est la galère », lâche le voyageur, employé à Gennevilliers, dans les Hauts-de-Seine.

La galère, la plupart des usagers des lignes régionales du département la vivent au quotidien. Et ceux du Paris-Compiègne de 17h49 encore plus. Le train, qui compte tout de même 1370 places, est celui le plus fréquenté en soirée. Plus d’un mois après la suppression des 1res classes — qui a rendu l’ensemble des wagons accessibles à tous les voyageurs —, ses usagers peinent encore à voir la différence. La mesure aurait pourtant permis de gagner 10% de places supplémentaires.

Jeudi soir, alors que le train circule en direction d’Orry-la-Ville — son premier arrêt —, de nombreux usagers sont assis dans les escaliers, faute de sièges. Certains ferment les yeux et tentent de piquer un somme. Le train, silencieux, roule parfois au ralenti. Quelques voyageurs restent debout.

« Jusqu’à Creil, c’est bondé. La majorité des gens descendent à Chantilly ou à Creil. Après, il n’y a plus grand monde », décrit Bernard, un quadragénaire assis sur un siège pliable entre deux wagons. « Il était temps qu’ils ouvrent les 1res à l’ensemble des usagers, mais ça n’a pas changé grand-chose. J’ai l’impression que tout le monde n’est pas au courant. On retrouve toujours les mêmes costards-cravates là-bas », sourit-il.

La SNCF a pourtant enlevé la majorité des signalétiques « 1re classe » sur les trains. « La suppression des classes a permis de réduire les tensions qu’il pouvait y avoir entre les contrôleurs et les voyageurs qui s’étaient installés en 1re faute de places. Mais il faudra encore attendre un peu pour voir s’ils ont changé leurs habitudes et pensent vraiment à les emprunter », juge le groupe ferroviaire.

« Ça a été une bouffée d’air pour les voyageurs, mais ça ne suffit pas. Certains trains sont toujours trop remplis. La SNCF devrait revoir ses grilles horaires, note Christiane Dupart, présidente de l’association Lutece (Les usagers des transports de l’étoile de Creil et environs). Les difficultés sont surtout liées aux problèmes de maintenance. Les trains, souvent en panne, sont remplacés par des rames plus petites. Du coup, ils sont surchargés », souligne-t-elle.

Pour Bernard, il reste tout de même quelque chose de pire que de prendre le train. Utiliser sa voiture. « Avec les embouteillages et le prix de l’essence, ce serait impossible. Au moins ici, je sais à peu près à quelle heure je vais arriver. Normalement… »

Merci aux contributeurs pour leur veille presse exemplaire !

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4 réflexions sur “Le Parisien du 15/10/12 – Surcharge des trains : la galère continue

  1. Alors oui, la tarification première classe est encore en vente sur le net et sur les bornes. Oui il y a encore des logos première sur les portes.
    Et OUI les contrôleurs peuvent contrôler un billet de train première classe et ne pas dire aux intéressés qu’ils pourraient payer moins cher…
    Tout va très bien…

  2. Oh non la SNCF n’est pas une voleuse, elle continue de vendre au borne des 1ere classe TER mais normalement il y a une feuille A4 qui indique qu’il n’y a plus de 1ere sur les TER….même si depuis septembre la feuille a été arraché, enlevé…c’est pas sa faute voyons….Et même réflexion ce ne sont pas les même costard/cravate qui sont en 1ere…Tous le monde y a droit, j’ai meme vu un Surgeman le dire à des personnes debout

  3. Mais le vice de la sncf est poussé plus loin ils continuent de vendre des billets en première classe en tout cas au borne automatique ….cela me fait pensé à Nathalie Baye dans le film le prix à payer qui veut s acheter un billet de 1ère classe pour prendre le métro

  4. Je rappelle que la demande initiale du collectif n était pas l’abolition des privilèges mais la logique de pouvoir s asseoir en 1ere sans être verbalisé quand le train est plein.
    Au contraire du monsieur interviewé, je trouve que chacun a bien capté le petit luxe en plus. En heure de pointe, les premières sont prises d assaut par les habitués pas toujours en costard-cravatte. J ai déjà entendu des chefs de bord rappeler que le train est intégralement deuxième classe et vu des mamies s y installer dans le 13:49 parce qu elles avaient lu l info dans le journal.

    Maintenant, on est tellement content d avoir un siège que je me vois mal chipoter sur « est ce que les usagers non habitués et en heure creuse sont perdants de poser leurs fesses en 2nde alors qu ils ont droit à la première »?

    On veut être assis. C est tout.

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