Une grève du billet = 1 prune à 100€ !!!

Vous vous souvenez certainement de l’histoire d’Arnaud Joly, abonné sur le trajet Compiègne – Paris, arrêté et verbalisé en décembre dernier pour avoir fait…la grève de présentation du billet !

http://www.courrier-picard.fr/78890/article/2017-12-19/sncf-un-usager-compiegnois-arrete-pour-avoir-refuse-de-presenter-son-billet

Une cagnotte leetchi vient d’être lancée !!

https://www.leetchi.com/c/solidarite-de-arnaud-j

Si la cagnotte lui sera bien évidemment intégralement reversée le but n’est pas de rembourser l’amende payée par ce dangereux délinquant (⚠ second degré ⚠). Voyons-y plutôt un remerciement pour avoir permis de faire parler une nouvelle fois des problèmes rencontrés par les usagers des TER Hauts-de-France !

N’hésitez pas à partager massivement. L’objectif est de faire un second article dans le Courrier Picard lors de la remise de la somme collectée…

Merci à tous pour votre mobilisation !

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Le jeux des 7 excuses…

Dans la famille des excuses improbables je demande 🥁🥁🥁 « c’est la faute des voyageurs si les trains sont en retard ! »

Lundi 20 novembre 2017, 18h33, j’arrive en courant à la Gare du Nord (non les ennuis ne commencent pas à GDN…merci le RER E…) pour prendre un train vers Compiègne.

Le 18h34 (N°847927) annoncé en retard de 10 minutes, le 18h40 (N°847829) retardé de 20 minutes, bref, encore la promesse d’une belle soirée en perspective…jusqu’à ce que, Oh miracle, je n’aperçoive dans un halo de lumière, le 18h19 toujours à quai !! Ni une, ni deux, suivant le précepte de « un tiens vaut mieux que 2 mieux tu l’auras », je sprinte vers la dernière porte ouverte de ce qui semble bien être le prochain train en partance pour Compiègne !

Arrivé à la porte devant laquelle veille au grain le contrôleur, le souffle encore court de ma course effrénée dans les sous terrains parisiens, je demande (très poliment) confirmation que ce train dessert bien la gare de Compiègne. Le contrôleur me répond (un peu moins aimablement) « oui mais si je passe mon temps à faire monter des gens nous ne partirons jamais ! ».

Je n’ai pas pu m’empêcher d’évoquer les 3h30 de retard accumulées la semaine précédente et mon envie de rentrer chez moi au plus vite ce à quoi il me rétorque « Monsieur, la semaine dernière c’est la semaine dernière et cette semaine c’est cette semaine ». Ce n’est techniquement pas faux et j’aurais aimé le croire mais compte tenu des 15 minutes de retard ce matin et des 30 minutes de retard ce soir j’ai pourtant l’impression que cette semaine risque bien d’être un copié/collé de la semaine dernière !!

En tous cas je prie l’ensemble des voyageurs de l’IC2325 de bien vouloir m’excuser pour avoir mis leur train en retard…

Petite dédicace au contrôleur qui a été beaucoup plus agréable et professionnel sur la suite du trajet. Nous comprenons que vous soyez énervé de travailler dans des conditions et avec du matériel pareil, comprenez que nous ayons simplement envie de rentrer chez nous le plus vite possible !

 

Mardi 5 mars – Et de l’autre côté ?

Préavis de grève nationale aujourd’hui.

Le moment de nous pencher sur les conditions de travail de ceux qui sont de l’autre côté.

Rencontre cette semaine avec un usager qui râlait « contre » un chef de bord qui avait « mal » réagi à sa remarque sur une rame en compo courte. Lui dire que l’insulte primaire et raciale est malvenue. Lui faire comprendre la frustration du Sneufien qui « fait remonter l’info » dans le vide.

Témoignage d’une agente (lundi 4/3), en civil « on leur dit que la rame est courte, que vous êtes tassés mais ils nous répondent parfois : qu’ils s’estiment heureux d’avoir un train« 

Ben là, quitte à me faire traiter d’Oussamette sur un blog qui aime parler de nous, moi je dis « merci madame » et « gros con« . GROS GROS CON. Ecoutez-donc vos collègues qui travaillent DANS les rames qui ne peuvent les traverser, qui font face aux malaises – au propre comme au figuré – , qui sont eux aussi en retard, fatalement, les Sneufiens ne dorment pas sur leur lieu de travail…

Ce qui est insupportable pour l’usager, c’est la mauvaise foi. On est debout, en retards, secoués : un mot de considération suffit à éliminer la frustration…

Voici deux témoignages de chef de Bord. Un peu longs, mais instructifs

(25/02) « Pour nous, les V2N sont des trains très fatigants. Au départ de Paris Nord nous devons passer dans toutes les voitures pour aller à la rencontre de chaque client, c’est à dire parcourir les 250m du train par les salles hautes, puis par les salles basses, puis refaire ce trajet une fois car notre local de service se situe en tête de train.

Nous devons aussi au Nord de Creil être plus présent en queue de train car il y a toutes les procédures de hors quai à appliquer – sur V2N, une à deux voitures sont systématiquement hors quai dans certaines gares. Nous devons être très vigilants lors de ces arrêts qu’aucun client ne descende sur une partie sans quai, notre responsabilité pouvant être engagée.

Nous devons tenter de respecter les temps d’arrêts en gare (qui sont parfois de 30″ entre Creil et Compiègne), et qui est de 1′ dans toutes les gares sauf Creil, et réaliser le service voyageur en heure de pointe en 1′ à Chantilly est juste impossible. Sur V2N, 1′ de perdue ne se rattrape pas en heure de pointe.

Le contrôle lorsque nous sommes tout seul est presque impossible (nous le réalisons parfois en heure creuse et en contre-pointe), d’où la sensation de ne pas être contrôlé souvent sur la ligne.

En situation perturbée, il nous est très difficile de savoir pourquoi nous sommes en retard, et il n’est pas rare que nous ayons des infos approximatives voire partiellement erronées.

Lors de ruptures de correspondances en heure de pointe, nous ne pouvons aller à la rencontre de chaque client faute de temps, il nous faut donc regarder toutes les correspondances susceptibles d’être rompues, en informer le Centre Opérationnel, et faire des annonces (en espérant qu’elles soient audibles) à bord pour informer les clients.

Nous demandons via nos syndicats et rapports, presque quotidien, d’être au moins deux sur chaque train en heure de pointe. Cela nous permet d’être bien plus disponible en situation perturbée, de passer au contrôle plus facilement, et d’assurer de manière efficace la sécurité de tous les passagers en effectuant plus souvent des rondes régulièrement.

Dans la pratique, il est rare que nous soyons deux en V2N, mais cela arrive néanmoins de temps en temps. Lorsque nous sommes deux à bord, il nous est clairement remonté que les infos en cas de situation perturbée passent mieux et sont mieux ciblées pour notre clientèle « 

(04/03 ) Hier matin, discussion avec un chef de bord sur le projet de suppression des contrôleurs comme en IDF, en Picardie, dans un premier temps pour « expérimentation sur l’axe Amiens-St Quentin ».

« Bien sûr qu’on est au courant. D’ailleurs, la grève de mardi est une grève nationale, mais nous à St Quentin, nous ferons grève avec, entre autres revendications, la non-suppression de la présence systématique d’un agent commercial à bord des TER.

La région veut lutter contre la fraude ? Alors laissez-nous travailler ! S’ils suppriment notre présence systématique, c’est la mort de notre boulot. Et comment feront les usagers en cas de soucis ? Le conducteur ne peut pas les informer correctement ! Et s’il y a un malaise, qui les voyageurs préviendront-ils ?

Les conducteurs n’ont pas un boulot facile : conduire les trains en respectant l’ensemble des procédures de sécurité : comment voulez-vous que les conditions de calme et de sérénité soient respectées s’il a sa conduite à assurer, un signal d’alarme lui indiquant un souci, et une intervention des pompiers à demander suite à un malaise ?

Si le projet se confirme, nous sommes déterminés à faire grève ! L’autre jour, sur un train de 75 personnes, j’ai réalisé 4 PV à 35€ chacun. La fraude est là, ce n’est pas en nous supprimant qu’elle va s’en aller ! Et puis vous avez vu en IDF ? Les trains sont-ils propres ? Sur la ligne D, ils ont interdit l’accès aux toilettes car elles étaient devenues « dangereuses »…

Petit à petit, les effectifs vont diminuer (plus aucune embauche), de moins en moins de trains seront accompagnés systématiquement, et la fraude s’installera…

Les trains du soir après 20h ne seront plus « tranquilles », et nous n’aurons que nos yeux pour pleurer et voir ces trains à 10 millions d’euros vandalisés. Payer l’ensemble des contrôleurs de la Région ne coûterait pas plus de 3 millions d’euros chaque année, à relativiser sur les 250 millions que débourse la Région, je pense qu’on peut faire des économies ailleurs. D’autant que je suis convaincu que les pseudos économies seront perdus en entretien exorbitant du matériel… « 

Investissons dans l’humain sur le terrain.

Pour conclure, il en va des Sneufiens comme des Usagers : un neurone, un sourire feront toujours plus que de la mauvaise foi et de l’insulte.

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Je sais, c’est de l’enfonçage de portes ouvertes, mais ce n’est hélas pourtant pas évident pour tout le monde.

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Et n’oubliez pas de remplir et diffuser autour de vous le Questionnaire d’insatisfaction que nous avons lancé

IMPRIMER LE FORMULAIRE (FORMAT PDF ou

REPONDRE DIRECTEMENT EN LIGNE

Les élus de Chantilly, Gouvieux, Orry … ou Creil nous soutiennent et une synthèse des résultats sera présentée à la SNCF, le Conseil Régional et aux Médias le 22 mars, alors à vos stylos ou claviers!