Autre ligne des Hauts de France : un combat…. inédit !

Nous soutenons évidemment nos collègues de Cambrai dans leur démarche. Imaginons qu un commerce tente de dégager les usagers des parkings proches de nos gares en obtenant une zone bleue… Non, n’imaginons pas. Et espérons que nos collègues n’auront pas besoin d aller plus loin que ce courrier !

 

Association « A fond de Train »
présidée par Gérard Dupagny

 

Cambrai, le 21 avril 2017

Monsieur le  Maire,

Je vous remercie de m’avoir reçu le 14 avril au sujet du stationnement de la place de la gare.

Comme je vous l’ai précisé, le passage en zone bleue du stationnement de la Place de la Gare va inévitablement poser de nombreux problèmes aux usagers de la ligne mais aussi aux personnels Sncf.

Je rappelle qu’ils sont en majorité des travailleurs et que la perte de cette possibilité de stationnement ajoutera de la pénibilité à des quotidiens déjà malmenés par des conditions de transport régulièrement dénoncées par l’Association. Monsieur Xavier Bertrand avait d’ailleurs pris la problématique transport très au sérieux durant sa campagne et communique régulièrement sur les actions mises en place pour le travailleur des Hauts de France.

En ce qui concerne le passage en zone bleue de ce parking particulier, nous avons pris le temps de consulter les commerçants locaux. Cet aménagement répond à la demande d’un seul commerçant, le restaurant Sicilia, qui semble vouloir à sa disposition la totalité du parking de la gare pour ses clients, au détriment des besoins des usagers du train.

Cette privatisation déguisée suscite une très grande colère de la part des usagers – ses clients potentiels ! – qui se lèvent à 4h du 5h du matin pour prendre le train pour rejoindre leur poste de travail et évoquent déjà une riposte via les réseaux sociaux contre ce restaurant qui risque fort de finir par avoir un parking mais plus aucun client.

Les usagers sont redirigés à 400 mètres de la gare (distance réelle mesurée, et non 150 mètres comme annoncé dans les médias), dans une zone non adaptée (glissante en hiver, sous la pluie 172 jours par an) qui rendra la gare inaccessible aux travailleurs handicapés, personnes vulnérables,

Nous ne pouvons accepter que des travailleurs – faut-il le rappeler, également contribuables et électeurs – déjà malmenés par des conditions de transport pénibles soient lésés au bénéfice des promeneurs ou clients ponctuels.

Bref, que l’intérêt général soit sacrifié au profit d’une seule personne.

Nous comprenons que ce restaurateur, qui bénéficie déjà d’une terrasse permanente grâce à l’occupation de 10 places de stationnement public, souhaite disposer de places supplémentaires pour ses clients potentiels mais nous proposons que l’espace du parking de la gare reste en zone libre, et que les rues adjacentes à la gare passent en zone bleue. Ceci libérerait presque 40 à 50 places de parking (soit autant que TOUS les usagers)

Une étude rapide permettrait d’évaluer si cela suffirait à la possibilité de couverts proposé par cet établissement. Au cas où ce ne serait pas le cas, un aménagement du parking « à 150 mètres » pourrait aussi devenir une solution pour ce restaurateur, des clients étant moins contraints que des usagers de la SNCF.

Ces solutions permettraient à la mairie de satisfaire à la fois les usagers du train et les commerçants et de pacifier la situation.

Dans l’attente de votre réponse et en comptant fortement sur votre aide rapide pour équilibrer la situation afin d’éviter un recours vers des instances supérieures, nous vous prions de croire en l’expression de nos cordiales salutations.

 

On n’demande pas la charité !

Courrier adressé ce jour à Monsieur Normant, Directeur Adjoint TER Picardie – copie Xavier Bertrand.

« On ne soulage pas un peuple qui souffre par des aumônes distribuées de temps en temps.”
Octave Mirbeau

Cher Monsieur,

Merci de votre courriel concernant l’aumône décidée par SNCF Mobilités (qui se cache derrière cette entité ?) pour les usagers : « un dédommagement aux clients abonnés de la région Hauts-de-France, à hauteur de 20% du montant de leur abonnement du mois de juin ».

Soyons clairs. Nous n’avons aucun doute que le mouvement social a été pénible à gérer.

Soyons encore plus clairs. Le message que SNCF Mobilités vous a chargé de transmettre est une insulte au regard de la « gêne occasionnée » en juin, arbre qui masque opportunément la forêt d’incuries de mai.

20%… de qui SNCF Mobilité se moque? Sans parler de nos salaires, des plus modestes au plus taxés, il nous semble que notre humanité, nos vies, notre santé physique ou mentale, nos vies valent bien plus que ces piécettes concédées.

La souffrance, la gêne, les problèmes de gestion, de régulation de trafic, de sortie de dépôt, de retard, de suppressions (et arrêtons la liste car c’est le week-end et nous voilà encore derrière l’écran à parler trains!) sont des violences quotidiennes et récurrentes. Si juin s’est élevé au delà de tout qualificatif, mai a été pénible et laminant.

SNCF Mobilités a eu de la chance de ne déplorer que des malaises ici ou là;

SNCF Mobilités a eu de la chance que personne ne se blesse, ne tombe, n’attaque son prochain physiquement pour une place à bord (pour l’accès à bord devrions nous dire);

SNCF Mobilités a eu de la chance qu’aucun usager ne perde ses nerfs face au personnel terrain sous-informé, sur la défensive et démuni;

SNCF Mobilités a eu de la chance qu’aucun usager ne perde vraiment ses nerfs durant des contrôles inopportuns décidés à la première pseudo embellie

SNCF Mobilités a eu de la chance que la fatigue l’emporte sur l’inique de la situation, que l’envie de passer à autre chose (nos vies privées privées de vie…) prédomine, que le mougeon préfère dissoudre sa fatigue dans l’Euro et les congés payés.

Une chance si insolente ne devrait pas se solder par cette aumône condescendante mais par un vrai geste : des excuses officielles pour mai et juin et un remboursement des sommes versées par l’usager pour un service qui tenait plus de la torture quotidienne que du transport.

 

 

Tenez mes braves, voilà pour vous... Ô manant, n'oublie pas de remercier ton bienfaiteur SNCF Mobilités

Tenez mes braves, voilà pour vous… Ô manants, n’oubliez pas de remercier votre bienfaiteur SNCF Mobilités…

d’une usagère à un président de région…

rappel : présence en gare vendredi 24 juin de mrs Bertrand et Darmanin. Les médias ont répondu présents… Venez témoigner!

Monsieur,

Tout d’abord, merci de vous déplacer en gare car vous êtes l’un des rares à le faire. Malheureusement comme souvent, puisque vous êtes le seul présent vous allez cristalliser les attentes et les mécontentements de l’ensemble des usagers.

L’état du transport ferroviaire dans le Sud de l’Oise est déplorable aujourd’hui et depuis de nombreuses années. Cependant, cette situation ne peut plus s’analyser sans une vision globale et transversale du mode de vie et des problèmes rencontrés par les citoyens de la région. Ne pas le faire serait une erreur politique et économique grave. Quelles qu’en soient les raisons ou les auteurs, il faut faire un constat factuel : l’Oise est au carrefour de 2 régions énormes (IDF et nord Pas de Calais) qui ont des intérêts divergents encore accrus par le manque de coopération inhérent à la régionalisation. L’Oise est un département éclaté socialement, politiquement, économiquement et géographiquement (notamment entre 3 grandes agglomérations Beauvais, Compiègne, Creil). Les luttes d’influence et les « communautarisme divers » (quelle qu’en soit l’origine (politique, monde agricole vs. Industrie, sociaux etc.) ne font que l’affaiblir.

Ce qu’on constate aujourd’hui, c’est que le Sud de l’Oise, qui ne bénéficie pas d’un tissu industriel (y compris services, transports, mobilité, accueil des familles) suffisant pour fournir du travail à ses habitants est un réservoir de salariés pour l’IDF. Salariés qui apportent des bénéfices à la région (économiquement (salaires, impôts, consommation locale, immobilier, usage des équipements collectifs (école, crèche) et culturels). Or cette situation tend à disparaître, du fait de la dégradation des transports certes, qui pénalisent les possibilités de travail et la vie de famille mais pas seulement, car le fait d’être écartelé entre 2 régions et d’en subir les inconvénients sans en recueillir d’avantages risque de faire disparaître toute un frange de la population active de la région avec des conséquences en chaîne qu’il sera difficile de pallier.
Il est vital de faire d’urgence un état factuel de la situation des citoyens de la région, car pas plus que l’eau vous ne pourrez avec des paroles, retenir les familles qui partiront pour préserver leurs intérêts propres.

Les transports sont un problème central car ils sont liés au travail, à la vie de famille, à l’économie de la famille. Pendant longtemps, on a considéré que le sud de l’Oise était une extension de l’IDF pour les travailleurs. Or, ce n’est plus le cas aujourd’hui en raison des faits suivants :
– les trains ne sont pas fiables, ni suffisants, ni sécurisés et ne permettent plus d’avoir une carrière professionnelle et de la concilier avec une vie de famille
o transports pas fiables, donc insécurité pour l’employeur
o tarifs de plus en plus élevés (et avec l’augmentation du pass navigo cela va encore augmenter) dont une partie à la charge de l’employeur
o transports pas adaptés (ni en horaires, ni en tarifs) aux nouveaux modes de travail (télétravail, temps partiel, horaires décalés) et cela sera encore pire avec les nouvelles réglementation sur le travail qui vont être imposées à plus ou moins longue échéance. Aucun RER pour Chantilly Creil en heure de pointe le soir.
o aujourd’hui il est rare de faire toute sa carrière dans une seule entreprise, le temps et les facilités de trajet ainsi que le coût sont un critère de choix incontournable pour les salariés comme pour les employeurs
o la formation initiale comme la formation professionnelle sont fortement impactés par les modes de transports (suivre une formation professionnelle en dehors des heures de travail est quasi impossible, par exemple cours du soir (impossible de rentrer chez soi) et cours du WE (impossible de se rendre et de revenir des cours) à Paris et inversement pour l’Oise
o trouver du travail pour des personnes en difficulté (chômeurs, chômeurs âgés, personnes chargées de famille, familles monoparentales)
o Bien que la loi dise que le lieu d’habitation ne peut pas être pas un critère de discrimination, il en est un dans les faits et vous ne pouvez empêcher l’employeur d’en tenir compte surtout dans un période de chômage structurel de longue durée
o Les tarifs de transports sont très élevés, pas souples en comparaison avec le pass navigo qui permet des déplacements faciles (pour l’instant mais à priori dans la bonne tradition française, on va faire moins bien, plus compliqué et plus cher)
– La régionalisation a un impact fort, car nous subissons les inconvénients des 2 régions sans en avoir d’avantages et l’intérêt collectif de l’ensemble des habitants en France, passe au second plan vis-à-vis des intérêts des habitants de la région, quand ce n’est pas l’intérêt d’une ex région par rapport à une autre au sein d’une nouvelle région). Les intérêts particuliers transcendent aujourd’hui l’intérêt général et les citoyens l’ont bien compris et devront composer avec :
o La taxe transport est payée en IDF mais le transport est payé par les contribuables de l’Oise
o La formation professionnelle se fait sur le lieu de travail pour les salariés (Paris, sans transport) mais au domicile (Oise) pour les chômeurs alors qu’il n’y a pas de travail et que les formations ne sont pas adaptées à l’IDF par exemple
o Le dézonage du pass navigo ne bénéficie pas aux habitants de l’Oise sauf à se rendre en voiture dans une gare IDF
o Les remboursements de transports en cas de retard s’arrêtent à la frontière de l’IDF alors que le train n’est pas tout à coup à l’heure à Survilliers
o L’accès aux formations postbac est coûteux et peu pratique dans la région (peu de trains, correspondance, pas d’internat le WE faute de budget qui oblige les étudiants à arriver le lundi matin avec bagages en cours et à repartir obligatoirement le vendredi), mauvaises conditions d’études. La région IDF met des freins à l’accès des étudiants d’autres régions et le coût est élevé.
o L’accès à la culture est fortement privilégié en IDF alors que les subventions baissent fortement dans l’Oise, qui est de plus complètement phagocytée au profit du Nord et du pas de Calais (7 scènes nationales dans le Nord Pas de Calais, 1 seule en Picardie (Amiens, inaccessible pour le Sud de l’Oise). Sur ce sujet, je vous invite à lire la « lettre ouverte » écrite par un spectateur de la Faiencerie de Creil (ci-jointe)
o Les communautés de communes créent des disparités tarifaires et d’accès importantes pour l’accès à certains équipements qui excluent les habitants de la commune voisine (à Paris, le tarif des piscine est le même partout avec des horaires d’ouvertures plus adaptés)

Tout cela a des incidences extrêmement fortes sur les citoyens et l’économie du Sud de l’Oise. Ce ne sont pas des paroles en l’air, je connais 1 famille qui a quitté la région pour l’IDF pour des raisons de transports et de travail, j’entends régulièrement des personnes en parler et une personne m’a dit expressément qu’elle déménageait la semaine suivante pour ces raisons. Tous peuvent vous dire la même chose.

Les incidences sont nombreuses
– Vie de famille perturbée
– Enfants déposés en gendarmerie quand les parents sont en retard à la sortie de la crèche (en période d’état d’urgence les gendarmes ont autre chose à faire que jouer les nounous)
– Perte d’emplois ou de promotion
– Impossibilité de se former
– Impossibilité d’avoir des activités en dehors du travail (ce qui a des incidences sur les associations, clubs de loisirs, théâtre etc. et sur l’emploi)
– Impossibilité de se soigner sur place (nombreux sont les gens qui ont médecin, dentistes, kiné etc. près de leur lieu de travail) ce qui pénalise les praticiens en région
– Idem pour certains services (coiffeurs, etc) ou magasins (plus simple de faire ses courses à Paris, en plus dans les petites villes on ne peut ni circuler ni se garer et les transports en commun sont insuffisants et inexistant entre communes souvent)
– Impossibilité de se déplacer d’une ville à l’autre (vous avez un abonnement PN –Chantilly, il est impossible de payer un complément de billet pour aller à Creil, il faut prendre un billet complet PN Creil (ridicule de nos jours, comment supporter ces archaïsmes)
– Le salarié est mis à contribution pour tout en tant que contribuable (national, départemental, communal, régional et autre), parents, usager, consommateur, etc.

Le départ des familles ou l’absence d’installation de familles équivalentes à celles qui partent a également des conséquences importantes qu’on commence à voir et qui entraînent un cercle vicieux :
– baisse de valeur de l’immobilier
– désertification des centres villes
– vieillissement de la population
– baisse des services
– baisse de la collecte d’impôts et taxes
– augmentation des tarifs, des impôts et des taxes
– baisse des propositions culturelles et augmentation des tarifs et des formations (fermeture de classes, classes surchargées, appel au privé)
– problème de formation postbac

Raisonnez comme une famille moyenne du sud de l’Oise et posez-vous la question : quel intérêt à habiter ici plutôt qu’en IDF ? Si demain, on fait payer le transport en fonction du trajet et des heures de circulation, le calcul va être simple pour les salariés et les employeurs, il faut être au plus près de son travail actuel (et potentiel si on veut évoluer). Or du travail, il n’y a que peu dans le sud de l’Oise.
(N.B. Amusant la notion de valeur travail : moins cher en heures creuses, plus cher en heure de pointe : je travaille je paie cher, je glande, je paie moins cher)

Bien cordialement
SncfAware

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