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Des experts internationaux ont relevé les « dysfonctionnements » du réseau ferroviaire français menant aux retards des trains. Ils ont émis de propositions pour y remédier.

 

source : l express

L’audit, commandé en février, devait mettre à l’épreuve la « robustesse » du réseau SNCF. Et le verdict des huit experts mandatés est sévère: processus industriels pas assez rigoureux, formation insuffisante, nombre de trains supérieur à ce que le réseau peut supporter, organisation trop cloisonnée… Ces experts internationaux, dont certains sont issus de la SNCF et d’autres indépendants, expliquent les retards des trains par des « dysfonctionnements » dans l’organisation.

Ils émettent plusieurs recommandations pour y remédier d’ici à 2022. « Nous ne sommes pas en présence d’une situation de crise qui nécessiterait de tout remettre en question, ni face au besoin de repartir d’une feuille blanche », nuancent-ils dans leur rapport, remis début juillet à la direction de la SNCF et publié jeudi.

Un manque d’organisation
Premier reproche: l’organisation du groupe est trop cloisonnée. Sur la ligne Paris-Orléans-Limoges-Toulouse par exemple, l’exploitation est pilotée par différentes régions au sein de la SNCF, chacune veillant au respect des horaires sur son tronçon, mais par sur l’ensemble du trajet du train, ce qui aboutit à des retards cumulés. Un aspect souligné par Le Monde qui cite une phrase lourde de sens. Le rapport indique que le respect de l’horaire à la minute près « devrait être un objectif professionnel commun à tous ».

« Il faut regarder la performance du réseau selon les flux de trafics. Se demander ce que ça donne pour le client final », renchérit Isabelle Delobelle, rapporteure générale de la mission et directrice de plusieurs lignes SNCF Transilien. Un problème qui illustre des cafouillages dans l’organisation selon le rapport.

 

Les experts fustigent aussi les plans d’amélioration de la qualité en cours. Ils souligne « la multiplicité de leurs objectifs, de leur appellation et de leur mode de pilotage. Cela ne facilite pas la une compréhension claire des enjeux et de ce qui est attendu de chacun », écrivent-ils, selon Le Monde.

Trop de trains
Les experts ont également relevé que, sur certaines lignes, le nombre de trains prévus est trop élevé par rapport à ce que le réseau peut supporter. Le gestionnaire d’infrastructures SNCF Réseau vend à SNCF Mobilités, qui fait circuler les trains, des « sillons », ou créneaux de passage des trains.

Pour Yves Ramette, ancien responsable de la SNCF en Ile-de-France, SNCF Réseau « doit se mettre en situation de réaliser les sillons qu’il a vendus ». Le comité a ainsi noté la « situation difficile » dans laquelle se trouve le réseau ferroviaire français du fait de l' »accroissement de la demande », selon l’expert indépendant Alain Thauvette.

Les premières recommandations pourraient être mises en oeuvre au premier semestre 2018, et s’étaler jusqu’en 2022.