Et si pour vous c’est « peu », partagez-le :)

Nous avons été plusieurs au sein du Collectif – opinion partagée par les 31 autres collectifs/assoces nationaux – à trouver mesquine l’obole du pepy aux pouilleux (voir billet précédent) 

Tout n’est pas question d’argent mais de principes, tout n’est pas seulement sur le fond, mais dans la forme….

Ce dont le conflit employeur/employé SNCF nous prive, c’est de temps de vie (notre intervention à 2 minutes)… et rien n’est plus précieux que cela…

Parce que notre mobilisation n’est pas une question d’argent ou un marchandage indigne, nous avons décidé d’être cohérents et d’offrir le montant de nos remboursements TER à une association. On ne peut pas dire que c’est peu et en même temps jouer les Harpagons… mais évidemment, ceux pour qui ce montant n’est pas négligeable peuvent soutenir gracieusement en diffusant le lien et l info!

Renardette Marie-Laure, usagère du TER de jour, de nuit, de week-end… bénéficiaire, contributrice et tributaire du service public…

Il y a, parmi nos followers twitter un chef de bord toujours au rendez-vous, à l’écoute, empathique, plein d’idées et résolument ouvert sur les autres, quelqu’un qui un jour nous a parlé de l’association « fabien camus« , du nom d’un jeune policier décédé d’un cancer de la moelle osseuse. Quel meilleur choix que de reverser la partie remboursée via la cagnotte cotizup.com/sncfvamtuer-assocefabiencamus, à cette association des Hauts de France…

Ici, un lien vers leurs réalisations au service des (petits) malades.

A vot’ bon clic les Renards!

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Parole de… cheminot : Sylvain : « faire des miracles avec 2 bouts de ficelle »

On va faire court: on nous prend pour des cons, tous, cheminots comme voyageurs/client/usager (choisissez le mot qui vous va, perso, je m’en moque).

Le gouvernement est occupé à achever le service public et peu importe les conséquences.

La solution qu’il nous propose c’est de continuer dans le même sens que depuis des décennies:
– Moins de moyens matériel.
– Moins de personnel d’exécution (parce que, côté encadrement, y a du monde !).
– Du personnel moins considéré qui va donc être moins impliqué.
– Du personnel qui va être de passage dans l’entreprise au détriment de sa formation et de son expertise. Tant pis pour la qualité de service. Tant pis pour la sécurité.
– Plus de concurrence (on a déjà eu les cars Macron sur le dos ), donc plus de dépenses de communication et donc d’argent foutu par les fenêtres.

Dans le même temps, la dette, on va y toucher… peut être… on sait pas dans quelle proportion… Arrêter de tout mettre dans le TGV ? On verra… quand on aura encore fait une ligne… et puis quand on aura payé les 100 rames commandées à Alstom.

Usagers, clients, voyageurs, je suis sûr que ce genre de fonctionnement vous parle. C’est dans toutes les boîtes que l’on marche comme ça: donner deux bouts de ficelle à un salarié et lui demander de faire des miracles avec. On le sait tous: ça ne marche pas. Soit on se désengage de son boulot en se disant qu’on ne va pas faire les efforts que la direction ne ferait pas, soit on rentre chez soi avec le sentiment lourd de ne faire que du boulot de merde. Voila où en sont les agents SNCF.

En plus, nous, cheminots, nous avons une petite particularité. Quand on allume la télé ou qu’on lit les journaux, on tombe régulièrement sur des reportages qui racontent qu’on ne fout rien, qu’on vit dans l’opulence et que les malheurs de la SNCF sont de notre faute. D’ailleurs, sur ce plan, le mois de mars a été particulièrement odieux. Bizarrement, ça a même poussé direction et gouvernement à faire des démentis là dessus. Ils sont bien dû sentir que ça ne faisait que nous chauffer à blanc, peut être même plus que de refuser toute négociation.

Bilan, nous en sommes au blocage total. Quoi qu’en disent direction, gouvernement et médias, la mobilisation ne s’érode pas. Vous qui prenez le train, vous le vérifiez tous les jours. On ne va pas vous la faire. Pire, ça devient le bordel même entre les jours de grève puisque l’entretien des rames et des voies ne se fait pas et prend du retard. Bilan: rames qui doivent passer en atelier et installations qui tombent en panne.

Vu de l’intérieur, je crois que c’est parti pour durer. Il y a des collègues qui ne font jamais grève mais qui sont dans le mouvement et qui sont bien remontés. Le bouchon a été poussé trop loin….

 

Parole… d’usager – Didier « La grève la plus absurde pour la réforme la plus absurde »

Non, ce titre n’est pas une provocation mais un fait et je voudrais vous proposer un regard différent sur cette grève Sncf. Analysons donc la situation. Le gouvernement propose de restructurer la SNCF pour la rendre privatisable et de supprimer le statut de cheminot.

Et là, tout le monde s’enflamme, il y a ceux qui disent que c’est indispensable sinon on va dans le mur, il y a ceux qui pensent que ce sera une bonne chose, il y a ceux qui en ont marre, il y a ceux qui défendent leurs intérêts… Bref, chacun réagit selon son propre intérêt mais personne ne pose le problème avec les bonnes questions.


La première question que je me pose est : pourquoi ? Oui car personne ne nous dit pourquoi on fait ces modifications, alors que ce devrait être la base. S’il s’agit de supprimer les statuts particuliers, je pense que nos élus devraient montrer l’exemple et commencer par supprimer leurs propres statuts (députés, sénateurs).
Mais non, on jette en pâture au grand public ces « privilégiés de la Sncf… » et nous, comme des idiots, on suit.

Ensuite la seconde question que je me pose est : combien cela va-t-il permettre d’économiser ? Qui ici a lu ou entendu ne serait-ce qu’un seul chiffre ? A ma connaissance personne ! Et si jamais nous avions un jour la réponse, la question à se poser est : comment cette économie sera réinvestie ? où ? …
Nous voici donc en galère pour une réforme dont on ne sait ni la motivation ni ce que cela va permettre de gagner. Et pourtant chacun s’exprime, chacun s’enferme dans des postures ridicules non étayées par des faits. Certains vont critiquer les privilèges de la Sncf (en étant incapable de les énoncer factuellement) et dénoncer une prise d’otage (que ce terme est insupportable, outrancier et comment peut on l’utiliser dans ce contexte ?), d’autres sont dans des postures conservatrices et refusent tout changement.
En attendant, le gouvernement n’agit pas mais fait de la com’ et le fait très bien. Et pourtant :
– Les usagers sont les grands oubliés de cette réforme : les trains seront-ils plus à l’heure ? Plus confortables ? les dessertes améliorées ? l’information améliorée ? Personne ne répond à ces questions pourtant essentielles.
– le gouvernement n’a pas donné les financements des intercités malgré la convention signée, mais fait croire qu’il va donner des milliards à la Sncf,
– la direction de la Sncf explique qu’il n’y aura pas de grèves cet été tout comme ils nous assuraient qu’il n’y aurait pas de grève actuellement, diffuse des graphiques truqués et fait de la désinformation alors qu’ils devraient informer. S’ils n’ont que cela à dire, ils feraient mieux de se taire,
– le gouvernement nous garantit que les petites lignes ne sont pas menacées, alors que c’est ce qu’ils font et font la promotion des bus,
– on nous jure que ce n’est pas pour privatiser mais les élus refusent d’inscrire cela dans la Loi
Parlons maintenant du fond. Oui il faut réformer la Sncf mais en la changeant structurellement et non statutairement. Oui il faut développer les petites lignes et non les supprimer, sinon les français vont reprendre les voitures, polluer plus, générer des bouchons et poser de nombreux problèmes écologiques.

Réformer le train pour inciter à prendre la voiture est un non sens. On l’a vu avec la réforme du fret qui est un fiasco total et a remis plus d’un million de camions sur les routes. Oui la méthode du gouvernement est violente et inutilement violente. Il y a un principe de réalité et la Sncf comme le gouvernement auraient dû gérer cela en douceur et permettre à la Sncf de s’adapter.

De toutes façons, il devront changer car les concurrents ne leur feront pas de cadeaux. Au final, ce sont bel et bien les usagers qui trinquent pour cette grève qui je crois est la plus bête du monde.

Didier Nakache