26 juillet – Guillaume, combien tu coûtes ? Trop cher !

En mars dernier, selon la Tribune, Guillaume le Con(qu)erant cherchait une nouvelle crèmerie. Quitter les rails pour l’Air (France). On aurait subi son incompétence, mais plus au quotidien…

On a le droit, vous savez, de dire qu’on le trouve incompétent. Que si nous étions son employeur de façon plus directe que via nos impôts il n’aurait certainement pas ce salaire ni sa place garantie à vie (Dieu que je déteste ces « métiers » dont une grande partie des préoccupations consiste à louvoyer pour ne pas perdre du pouvoir).

Qu’à sa place on investirait en revalorisation des postes sur le terrain, histoire de ne pas subir des suppressions de trains par manque de personnel (ooops, attente de personnel).

On dépenserait moins en comm et plus en personnel.
On embaucherait moins de cadres et plus de terrain.
Réduire la masse salariale peut être. Mais pas sur le terrain bon sang!
Pas au détriment du service aux usagers/voyageurs/clients « Pour les syndicats, ces annonces sont contradictoires avec les promesses de  SNCF d’améliorer cette année le service aux voyageurs et de moderniser les infrastructures, notamment en Ile-de-France. Il s’agit d’ »une nouvelle dégradation de l’emploi, des fermetures de guichets, de gares et des suppressions de contrôleurs dans le train », a confié à l’AFP Gilbert Garrel, de la CGT-Cheminots. » déclaration de janvier, dont nous visons la confirmation presque chaque jour ! Je devais récupérer un achat en gare et… pas de personnel ! seulement les personnes à la sono et signalisation qui n’ont pas accès aux ventes.

et montrer l’exemple en réduisant sa rémunération, c’est une idée ça ! On arrêterait le blabla(car), on se concentrerait comme promis sur les trains du quotidien!

On mettrait de l’argent dans un sonotone aussi.

pour mieux entendre la colère qui gronde.

 

Guillaume Pépy « Loin de gérer », ça me semblerait plus correct. et oui, tout le monde a son avis sur la SNCF. surtout ceux qui la vivent au quotidien.

à lire : « SNCF, ça déraille ! », Les Enquêtes du contribuable de juin/juillet 2015 – 5,50€. En kiosque le lundi 1er juin. Vous pouvez commander en ligne ce numéro et également sur abonnement.
source : http://www.contrepoints.org

18 juillet – Communiqué de Guillaume Pipo

Paris, le 18 juillet 2015

La situation déjà difficile de vos conditions de transport est rendue encore plus pénible par la chaleur. Pour votre sécurité, des retards sont à prévoir, surtout le soir. Instructions ont été données pour que vous receviez des SMS pour vous avertir bien en amont.

Cela ne change pas votre situation : vous n’allez quand même pas dormir à la gare du Nord et nous ne payons l’hôtel qu’aux clients du TGV – mais au moins, vous aurez été avertis et vous aurez eu la possibilité d’emporter 2 bouteilles d’eau, dont une vide, pour uriner dedans, parce qu’au bout d’un moment, ça bouchonne aux toilettes (quand c’est ouvert) et dans nos bus de substitution, y’en n’a pas. D’ailleurs nos bus ne sont pas à l’abri de pannes – cohérence, quand tu nous tiens…

Grâce à la chaleur, grâce aux feux sur les bas-côtés, grâce aux retards de TGVs qui mobilisent toujours les journaleux avides d’infos sur les départs en vacances, grâce aux abrutis qui tentent de contourner les passages à niveau (TER : 2/Voiture : 0), je n’ai pas à répondre sur l’incurie de la gestion interne qui vous prive de trains par manque de conducteurs, non plus que les pannes de rames à répétition qui vous font voyager comme des déportés, debout, tassés sans air. Enfin, vous, vous avez des fenêtres – oh! c’est qu’on atteint le point Godwin! L’heure est grave!

Vous voulez râler ? Ecrivez-nous : une Sarah Dupuis vous répondra en mode copié/collé. Je ne sais plus si elle existe vraiment d’ailleurs. Chez nous, on économise. On recycle les réponses, on ne remplace pas les absents dans les bureaux, alors vous attendrez leurs retours pour savoir ce qui s’est passé le 2, 5, 10 juillet (déclinable jusque fin août) ou pour avoir des réponses sur les horaires d’été en cours.
De toutes façons, les modifications d’horaires :
1) vous le verrez bien!
2) vus les retards et approximations à cause de la chaleur, les horaires, c’est à titre indicatif…

Je compte sur un ou deux nerveux pour pondre un commentaire contre le personnel du terrain. ça détourne la colère de nous, les décideurs. D’ailleurs, décideur, c’est vite dit. Un coup, c’est « l’application de directives politiques », un coup c’est « meilleure gestion SNCF »… les mougeons n’ont pas à savoir.

Quant au mal-être de mon personnel en gares/trains, je me fendrai ponctuellement d’un petit laïus pour dire que c’est intolérable de s’en prendre à eux.
Mais dans les faits, vous n’aurez toujours que eux en face de vous. Eux sans infos puisque souvent ils se réfèrent à vos fils Twitter pour savoir ce qui se passe en cas d’incident. Je compte beaucoup sur leur professionnalisme et votre ras-le-bol qui se déverse sur eux. ça divise vos forces, ça détourne l’attention. Vous voyez : je gère !

Je suis haut fonctionnaire. Le job de rêve. Quand la plèbe traite les fonctionnaires de feignasses et prône des économies, c’est jamais à nous qu’ils pensent. Et on est in-vi-ra-bles. Juste transférables : demandez à Agnès Saal. Elle a fauté, tout le monde le sait, mais vous continuez à la rémunérer. Et c’est pas du 30 K€.

Ben moi, c’est pareil : tous les usagers du trains du quotidien se plaignent de ma « gestion », de mes promesses non tenues, de mes engagements solubles dans le temps. Les élus m’écrivent et moi j’envoie un courrier standard et je continue mon boulot, tranquille, en théorie à votre service. Le système est bien fait.

Au pire, si on devait me dégager de la SNCF, j’irai exercer mes incompétences ailleurs. Certains me conseillent une carrière dans la communication ou l’événementiel. C’est pas faux. C’est un domaine que j’affectionne. J’enfile mon gilet orange et je vous fais un sketch avec des larmes dans les yeux. Et puis ensuite, comptant sur la mémoire de poisson rouge des uns, la vie bien remplie des autres, le ras le bol de lutter contre du vide… vous vous retrouvez avec les mêmes requêtes qu’il y a 3 ans.

Répondre aux courriers et sollicitations des assoces et collectifs d’usagers, non. Pourquoi faire ?
Je réponds aux élus et quand je le fais, c’est le même texte que celui que les associations reçoivent de mes subalternes…
Tenir ma promesse d’un trajet Creil/Paris, non, pour quoi faire? Vous y aviez vraiment cru ? Ha, vous voyez, je suis un bon acteur!

Je compte sur la chaleur pour vous abrutir. Je compte sur les vacances pour vider vote mémoire. Je compte sur la rentrée pour dévier vos préoccupations vers les enfants et votre travail. Je compte sur les fêtes pour vous faire penser aux cadeaux et aux réveillons à préparer. On sera rendu à janvier. On parlera de « semaines d’observation » qui se termineront à Pâques, à mai où grâce aux ponts ils ne peut rien se passer, à juin et les promesses de prendre soin du transport de nos candidats au bac et voilà une année de passée. 
En cas de crise, il y aura bien des conditions climatiques exceptionnelles à blâmer…

Mauvais gestionnaire ? moi ?

Bonne vacances Mougeons !

Et si en plus y’a personne… (On veut des cheminots!) 13 juillet

Vous avez essayé de prendre le 18h04 cette semaine? retardé ou supprimé. Un mail au supérieur du responsable de ligne (lui absent pour maladie) a apporté une réponse : je suis en vacances, si c’est urgent mailez à monsieur chéplusqui. Qui ne répond pas, bien sûr…

 

Vous avez essayé de prendre le train ce week-end?

Moi oui.

J’ai fait attention (week-end, juillet, travaux…) ça ne m’a pas évité la suppression du 17h49 hier soir à PNO par manque de personnel.

Visiblement, je n’étais pas la seule. Une dizaine de trains supprimés pour la même raison. (Ci dessous article du courrier picard)
image

J’ai lu sur des pages Facebook de cheminots la même chose que nous dénoncions il y a peu (et que nous dénonçons encore)

image

on veut, non, on a BESOIN de cheminots. 

Une enquêe UFC révèle le cas de 2 personnes sur le terrains « encadrées » par 4 personnes dans des bureaux. Oui, ces mêmes personnes qu’on ne voit jamais sur le terrain.

Je lis aussi beaucoup de « pas de conducteur = panne d’oreiller » et autres. Peut-être, oui, ça peut arriver comme à chacun d’entre nous. ça ou la migraine ou autre – soyons fous, des congés ! – mais n’est ce pas le rôle de leurs responsables buraucrates de prévoir, d’anticiper ?  ça n’a pas l’air de les effleurer.

Un de ces quatre, qu’ils descendent en gares parler aux usagers victimes de leur incurie, au lieu d’envoyer des agents du terrain au discours muselé.

ça changera peut être leur façon de travailler. Pour notre bien tout comme pour celui de ceux qu’ils « encadrent ».